NICOLAS ROLAZ, NAVIGATEUR ROMAND DU TUDOR TEAM ALINGHI, RÉPOND À NOS QUESTIONS

par Hervé Borsier | Août 3, 2026 | America's Cup Swiss Victories, podcast | 0 commentaire

"JE CHERCHE À PROGRESSER DANS TOUS LES DOMAINES, C’EST UNE QUÈTE PERMANENTE"

Nicolas Rolaz

Le team Tudor Alinghi sera début août de retour sur l’eau afin de préparer la deuxième série de régates préliminaires, du 24 au 27 septembre à Naples. L’équipe Suisse pourra ensuite se concentrer sur la mise à l’eau de l’AC75,  prévue en octobre. Déjà présent lors de la précédente campagne d’Alinghi à Barcelone, le vaudois, Nicolas ROLAZ, 27 ans en septembre, a été le premier navigateur engagé au sein de la nouvelle équipe suisse, en vue de la 38ème Coupe de l’América, qui aura lieu à Naples en 2027. Le navigateur de Gilly, champion du monde d’Optimist en 2014, était le benjamin de l’équipe, mais aussi le seul suisse, et romand, à bord lors des premières pré-régates, à Cagliari, en mai dernier, et ce en qualité de régleur de voile.

ENTRETIEN:

Vous étiez déjà engagé avec Alinghi à Barcelone l’an dernier. Quelles leçons tirez-vous de ce résultat en demi-teinte ?

Sportivement, le résultat est effectivement resté en demi-teinte. Mais lorsque l’on regarde le chemin parcouru, il y a aussi beaucoup de raisons d’être fiers. Nous sommes partis de zéro. En un an, nous avons construit une équipe de plus de 200 personnes et réussi à devenir compétitifs face à des adversaires qui disposaient déjà de structures solides et de plusieurs années d’expérience. Cette première campagne nous a énormément appris. Nous avions identifié de nombreuses pistes d’amélioration pour la suite. Malheureusement, cette suite a été interrompue : 14 mois d’arrêt, une nouvelle équipe et un nouveau départ. La principale leçon est qu’on ne peut jamais sous-estimer l’importance du développement. Pour cette campagne, nous allons pousser les curseurs beaucoup plus loin, accepter davantage de prise de risque sur certaines décisions techniques et continuer à innover.

Le fait d’être le premier engagé pour la 38ᵉ édition à Naples a-t-il conforté votre confiance ?

C’est évidemment une belle preuve de confiance de la part de l’équipe et j’en suis très reconnaissant. Mais dans notre sport, rien n’est jamais acquis. Je reste concentré sur mes objectifs et sur le travail à accomplir. J’ai la chance d’évoluer à ce niveau, mais il faut continuellement remettre son statut en jeu et prouver sa valeur.

En quoi cette campagne sera-t-elle différente ?

Nous évoluons avec une structure plus légère, une nouvelle dynamique et un tout nouveau design team ainsi qu’un nouveau sailing team. C’est extrêmement stimulant. Comme lors de la précédente campagne, nous faisons face à un défi immense : construire une équipe complète en seulement un an tout en restant compétitifs. Le budget est également plus limité. Cela nous oblige à être encore plus efficaces, à prioriser les bons développements et à prendre les meilleures décisions possibles. Finalement, cette contrainte peut devenir une véritable force.

Où devez-vous progresser sur le plan personnel ?

C’est une quête permanente. Je cherche à progresser dans tous les domaines. Je souhaite continuer à développer ma compréhension du bateau afin d’apporter un maximum de retours aux designers et d’aider l’équipe à prendre les meilleures décisions techniques. Je veux également continuer à affiner mes sensations sur l’eau, enrichir mon expérience et gagner encore en régularité.

La communication à bord est prépondérante. Est-ce l’un de vos principaux objectifs après les pré-régates de Cagliari ?

Sur ces bateaux, la communication est absolument essentielle. Comme nous sommes une nouvelle équipe, nous devons apprendre à nous connaître, comprendre la façon dont chacun fonctionne et construire des automatismes. Trouver les bons mots, le bon timing et le bon niveau d’information représente un travail considérable. La coordination entre chaque binôme est également primordiale. Et il n’y a pas de secret : la seule manière de développer cela est de passer un maximum de temps à naviguer ensemble.

Quels sont les autres objectifs ?

Notre objectif est simple à énoncer, mais beaucoup plus difficile à atteindre : réussir à exploiter 100 % du potentiel du bateau, 100 % du temps. En théorie, cela paraît simple. En pratique, c’est précisément ce qui fait la différence entre les meilleures équipes du monde.

À quoi ressemble votre journée type en ce moment ?

Nous sommes actuellement dans une phase où des décisions majeures sont prises concernant la conception de nombreuses pièces du bateau. Nous passons donc beaucoup de temps devant nos ordinateurs à travailler sur leur développement, mais aussi sur tous les systèmes qui permettront au bateau d’être le plus performant possible. Les journées sont également rythmées par de nombreuses séances sur simulateur, qui sont devenues un outil indispensable de notre préparation. Et bien sûr, la préparation physique occupe une place importante afin d’être prêts lorsque les navigations reprendront. Il reste énormément de travail, mais c’est précisément ce qui rend cette aventure aussi passionnante

Hervé Borsier

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Barcelona, Spain, 22 April 2026 Tudor Team Alinghi. Photo: Tudor Team Alinghi/ Samo Vidic

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